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25.10.2007
Ephéméride#18
Je pensais ce matin à ces longues avenues, Vladimir Komarov, boulevard Gagarine, rue des Martyrs de la Résistance, les longues marches avant d’accéder au centre commercial Casino, mes premières tchoures de rimmel suivies de mes premiers séjours au poste, des remontrances toutes gentilles du policier de garde, tu penses à ta maman mon petit alors enfin mais dis moi, j’espère que ça t’aura servi de leçon cette demie- heure dans mon bureau
On punissait léger
La tour immense qui offrait prise au vent les soirs de tempête ça sifflait comme sur un bateau les stores étaient mal arrimés je ne sais pas et ma chambre et mon petit tourne disque tout rond avec couvercle en plexiglas rouge et sur le tourne disque jusqu’à le perforer en boucle sans fin Harvest dont la pochette finira grignotée par les souris au fond d’une de ces caves je ne sais plus laquelle où Maman entassait au gré de ses errances nos pauvres petits souvenirs
D’enfance
En terre communiste.
Ca marque
Jeudi soir, soir de grève, de divorce, Jeudi soir il y avait une fête, un anniversaire
Au Gibus
Alerte envoyée par Jangil
Qui avait remué ciel et terre pour nous débotter une invitation
Mais nous n’y sommes pas allé
On est comme ça
Snobs comme tout
En fait Fiancé avait acheté des places pour Aznavour
Je voulais le voir avant qu’il ne soit trop tard
J’ai loupé Brel et Bécaud
Je voulais en voir un
Préhistoire
Bon j’ai vu les Compagnons de la Chanson quand j’étais petite mais c’est pas pareil
Jamais été aussi bien placée à un concert je crois à part quand je chantais
C’est-à-dire rarement
Face à la vedette
Qui nous avait offert une blonde lookée Chantal Goya en vedette américaine, robe baby-doll, bottines lacées rouges,blondeur fausse ingénue
Des chansons avec trémolos, thématiques bien plombantes, parfois jolies phrases mais insoutenable phrasé théâtreux, la guerre c’est pas bien, un texte ultra noir dérangeant sur l’inceste, un petit côté Isabelle Aubret le Retour, un texte drôle sur la difficulté d’être mère surtout quand t’es crevée le soir et que BB danse la carmagnole avec une telle frénésie que tout soudain tu as envie d’ouvrir la fenêtre ou mieux la porte du congélo si tu es middle class.
Je pensais ce matin
L’irréalisable programme de Ségolène Royal
Pas oublié les lazzis, quolibets, le mépris et l’insulte
Ok j’étais moi-même tiédasse
Le fabuleux programme de la droite décomplexée
La merveilleuse coupe du monde de rugby
Les mélanges boueux
Les leurs les nôtres
Vie privée vie publique
Les attentats au Pakistan
Le scandale des fonds du patronat qui aurait en d’autres temps fait exploser tout ça
Je ne savais pas
Dites moi pas que c’est pas vrai
Ou est passé ma cassette
Je vais me recentrer sur le Top14
Morte de rire la semaine dernière, il ne peut pas divorcer c’est pas possible techniquement et rooooo….ben si
Il se fait voler la vedette
JE SUIS UNE FEMME LIBRE
Pas nous
Les syndicats se font voler la une
Une très tendre ITW du sieur Murat aka l’Auvergnat sans façons qui parle de tarlouzification de la société, du gros cul du Poitou j’en passe et des meilleures ça y est on tient notre héraut pas politiquement correct mais franchement blaireau
Il bouffe du Soral tartiné de Zemmour
Le même lécheur de bottes du temps du Virgin indépendant
Si je pouvais manquer de toi ça me ferait des vacances
En panne sèche il tape dans Baudelaire
Genre Lio avec Prévert
C’est bien Télérama ne pourra pas dire du mal
Ca arrive, d'aimer des chansons et pas le mec qui chante.
Cantat menacé de mort et tout le monde prend ça très au sérieux d’ailleurs
La vindicte chiennasse
La haine déplacée
La foule des tondeurs
La même sempiternelle exultante populace
Comme si les cris de rage d’effroyable douleur de Nadine T. ne suffisaient pas
Il faut enfermer à jamais, ou mieux encore détruire tuer exterminer sous le talon des pleines planchers et de l’incompressible
C’est ça qu’elle veut cette masse gluante qui veut la jouer grand ménage Monsieur Propre lave tout whitewhitewhite pays en phase maniaque qui traque la paille dans l’œil du cyclone mais se prend des poutres sur la tronche sans ciller
Je divorce mais je marie ma fille
Je fais la maligne jusqu’au bout
On lit Guy M. en chouinassant sur les vertus de la Résistance ...qui se souvient de Karen Montet-Toutain?
Ce serait bien de lire son histoire aux élèves aussi.
Elle a du durant de longues minute murmurer « Ma petite Maman je vais mourir »
Elle a survécu fait chier semble penser l’institution
Ni responsable ni coupable
Un vent de fronde souffle sur le parlement
Les vilains jaloux.
En fait je ne pensais pas, je dévidais juste une bobine.
Celle de la rediffusion des meilleures arnaques du siècle.
Tu vois Julien, le pays a courbé l’échine.
15.10.2007
Ephéméride#17
C’est juste que je me suis souvenue comme d’un coup de soleil de cette permanence, enchaînement, fluidité des jours heureux, des cassures, des ruptures aussi, mais sans acrimonie simplement l’alternance est un mouvement naturel comme celui des saisons même s’il n’y a plus de saisons.
Je m’en suis souvenue la tête légèrement penchée sur le côté, tournée vers la scène.
Vendredi
Concert de Jil Caplan, l’Européen.
Arrivée joyeuse, en métropolitain
Places achetées depuis une quinzaine
A l’entrée, cigarettes, et les premières retrouvailles
Avec Tranber, celui qui m’avait donné Madame Annie
Avec Eric, Cap-Verdien désormais
Avec BB B., devenu un jeune homme mince, adios l’enfant joufflu
La vraie joie toute basique, putain comme je suis contente de te revoir
La vie coulait douce et limpide
Elle arrive, elfique, tenue de petit marquis, il y a sur le côté gauche de la scène le beau profil de J.C., qui sera assis tout du long ou presque cette feignasse, il y a des musiciens doux et souriants, et la jolie fille là sobre et sereine en apparence je chope direct un torcolis c’était le deal sois je suis près mais de travers sois je suis loin bien en face mais je ne vois pas l’angle aigu de sa mâchoire
Ni ses yeux
Tout ce qui nous sépare, nous aura séparé, nous séparera, nous rapproche, nous tiens soudés à jamais finalement, les infimes petits liens qui attachent nos petites vies de petites choses.
Je sais qu’après je voudrais l’embrasser
Wohohohoã comme ce sera bon
Elle chante clair et juste voix unique
Elle a laissé loin derrière elle ces intonations qui me faisaient rire
PriSAAAAN
RaiSAAAAAN
Maintenant elle parle de raison et de prison
Elle ne chantera pas La Frontière
Elle ne nous fera pas sa petite Dylan
Dommage
J’aimais cette chanson tout autant que Tout ce qui nous sépare
Pas de Nathalie Wood non plus
Partie, exit Nathalie Wood
C’est plus sa copine
Je crois que j’ai souri tout du long, même pendant certaines des nouvelles chansons, qui hors le champ organique du concert m’avait léger endormie je l’avoue
Là tout passe, glisse, touche, effleure, griffe parfois.
Degré zéro de l’indifférence
Est-ce parce que j’aime cette fille
Parce qu’elle me donne un GO tacite mais appuyé
No fear
Que du courage
L’arène
Le champ de bataille
Le goût retrouvé des mots alignés
Après il y a eu le dîner, les Scrima, un Sébastien, des filles des garçons, quelques anecdotes, des « rooo comment je chantais trop faux » (moi) des « rooo comment j’ai sorti les rames »(elle)
M’entendre dire en coulisses à J.C. à qui c'est pas la peine de la faire de toute manière que si j’écris des chansons tristes sur le bonheur passé ce serait un signe de vitalité retrouvée, que ce serait juste dire oui j’ai eu mal parce que des gens, des visages, des voix et des peaux avaient décidé d’aller sourire et se frotter ailleurs, mais juste et simplement ça, le manque, la réparation, l’oubli du mauvais temps et la mémoire seule épargnée des jours de soleil
Tout cru le soleil
Celui qui éblouit
Comme une poursuite.
Merci V.





