26.10.2006

RP/PR- Une femme sous influence-#4

J’ai vécue seule durant des années, celles de ma période de glaciation femme congelée comme je les nomme parfois, dans une île déserte et autour de moi les regards posés sur cette île me disaient tu as tout comme tu dois être heureuse.

J’ai vécu près d’un homme en naufragée solitaire me nourrissant de miettes de poissons buvant l’eau croupie du désamour survivante accrochée à un radeau gluant

La symbolique de l’île n’est pas hasardeuse

On partait en vacances sur des îles les îles tendances et ce fut Ré et ensuite Yeu et la Sardaigne. Chaque séjour reste un souvenir de solitude absolue j’étais coupée du monde en vis-à-vis avec l’angoisse et le silence je ne connais personne d’autre que lui capable d’un tel silence il faudrait un couteau à huîtres acéré affûté pour déblinder ce silence

Je subissais pourtant tétanisée avec l’envie furieuse et quotidienne de me barrer cliques et claques et puis non je restais pétrifiée

Soumise?

Enfant la solitude était mon lot quotidien, je la peuplais de livres, j’étais capable moi aussi de silence des journées entières, enfermées dans ma chambre, rôdant dans les terrains vagues ou les ruelles, heureuse en fait.

La solitude est une sale habitude

Tout garder « pour soi » n’est pas bon

On me dit.

Ca vient d’où en fait va savoir. On vantait mon sens inné aigu increvable de l’adaptation. Quoi de surprenant, alors qu’il s’agissait de laisser jouer la part instinctive et vitale ni plus ni moins .Accepte ou crève .Refus de crever point barre .A dix sept ans je me demandais c’est écrit dans mon journal si je saurais survivre entre quatre murs en prison donc avec rien, ni papier ni crayon ni personne à qui parler. Je comptais alors sur une mouche à observer une fissure un graffiti écrit avec une trace de sang de mes règles ou de merde.

Quand je relis ces lignes je m’étonne de ma violence, moi l’adolescente rieuse et insolente mais si gentille en apparence.

Alors je me demande de quand date la soumission. Et en quoi s’est muée ma révolte .Sinon comme le dit Fats pas loin d’avoir raison dans cette forme dévastatrice d’irréconciliation permanente avec moi.

J’ai conscience, il faudrait être aveugle pour ne pas l’avoir la voir , de la mise en danger permanente dans laquelle je me suis installée étrange posture sociale incapacité à l’ordre irrespect des codes hiérarchiques mépris affiché pour les chefs ou les représentants des administrations dès l’instant où je considérais du haut de ma splendeur qu’ils m’étaient inférieurs intellectuellement.

Même rejet mépris affiché pour les attachées de presse chefs de produits éditeurs tendance à les considérer comme de monstrueuses erreurs de casting pour la plupart impossible de flatter sucer lisser dans le sens du poil donc déguerpir.

J’ai besoin de réfléchir à deux trois choses que je sais de moi.

Juste parce que la projection permanente l’instantanée éructation l’absence de contrôle et l’impulsivité sont en train de me grignoter l’âme.

Disons que j’ai besoin de renouer avec mon propre sens moral.


podcast

 

 

 

Commentaires

Un couple fonctionne parfois comme un circuit fermé... L'air ne se recycle pas, a fortiori quand la pompe tourne de moins en moins vite.

Les enfants sont un sacré apport d'air pur, mais ils ont eux-mêmes un gros besoin d'O2 pour leurs petits poumons, on ne peut pas tout leur demander.

L'air on va chercher autour de soi, derrière le fonctionnaire mesquin se cache peut-être le bloggeur qui nous fait marrer quand il enfile son nez rouge.

Mais tant que personne ne fait le premier pas ça devient un jeu de con, concours de quéquettes pour savoir qui est le plus con.

Je sais que je vais perdre le peu de street credibility qui me restait, mais il y a des fois où je me dis qu'il y a plus de sagesse dans une chanson de Michel Berger que dans les oeuvres complètes d'Emmanuel Kant :

http://www.youtube.com/watch?v=1PItx4B4pR0

Ecrit par : Love15 | 26.10.2006

On va dire ça.Mon sens du débat est quelque peu émoussé.Quand je dors plus de six heures d'affilée finalement je suis toute mou.

Ecrit par : Barbarian | 26.10.2006

Arf...

http://www.youtube.com/watch?v=Wtr1RTF7PUY

Ecrit par : Love15 | 26.10.2006

Me cherche pas je te dis....gnihihihi (je suis pas là)

Ecrit par : Barbarian | 26.10.2006

(en même temps coller du Souchon sur mon blog au petit matin c'est bon pour réveiller la teigne qui marmotte en moi)

Ecrit par : Barbarian | 26.10.2006

Tiens, tu viens de réveiller une chouette image (sic) qui sommeillait sans doute dans mes tréfonds inavouables...(re-sic).

J'ai quatorze ans, je suis incarcérée. A Nanterre. Erreur générale au départ, erreur spécifique en particulier, celle d'une magistrature, et l'impossible retenur plus de 48h en détention qui se mue en... bref.

Je suis seule dans ma cellule des sous-sous-sous sols, sans air sans ceinture sans lacets juste avec une planche et un trou.

Sur le mur, il y a une tâche.
Encore luisante.

C'est su sperme.
Encore frais.
Il y a gravé dessous la tâche " à ma mère".

Je pensais à la mienne.
Je pensais à celle de celui qui avait éjaculé sur le mur.
Encore un truc impossible à faire pour nous les femelles ( je n'avais pas mes règles...).

Est ce que je raconterai ça à mes enfants ?
A mon fils ?
Pour les dissuader ?
Ou les prévenir ?

C'aura été posé ici, en tout cas, un petit matin d'octobre.
Le levé de soleil était si magnifique aujourd'hui...

Bonjour.

Ecrit par : cee | 26.10.2006

En parlant de petits excréments ordinaires et incarcérés, qu'avez vous pensé de Botéro revisitant Abou Grahib ? Là : http://www.marlboroughgallery.com/artists/botero/09.html

Ta note est très déstabilisante Barb. Plus que belle. Les Jungiens parlent je crois des pensées gluantes pour caractériser ces ages précoces de la vie où on bâtit des pensées informes autour des émotions troublantes. Radeaux gluants tu dis. Ta symbolique nous plonge le nez dans nos propres vases.

Ecrit par : Ugarte | 26.10.2006

Oui mais "la solitude n'est plus une maladie honteuse" comme dit Hubert Félix...

Euh sinon Michel Berger faut pas déconner non plus hein quand même.

Ecrit par : Kill Me Sarah | 26.10.2006

Il m'est arrivé de lire ici et là sans jamais commenter. Je ne veux pas apparaître dans un cercle d'abonné(es), je retrouve dans ton billet des accents bien connus. Il est préférable (pour moi tout au moins) de tenir éloignés les enfants de nos pensées. Leur laisser le soin de découvrir après notre disparition quelles étaient nos personnalités cachées ... et occupations hors sphère familière. Question de génération sans doute.

Ecrit par : Marie | 26.10.2006

Je découvre et... j'aime te lire. Tout simplement.

(re) Thanks !!

Ecrit par : fatalis | 26.10.2006

Pour rien au monde je ne voudrais retrouver mes 17 ans....Mais je peux comprendre...Je crois...

Ecrit par : RougeBaiser | 26.10.2006

aie aie aie
tu mets le doigt LA OU CA FAIT MAL...

j'aurais pu (je pourrais) écrire ce texte. brrrrrr.

Ecrit par : bluevalentine | 26.10.2006

Si en plus y'a du Souchon... Bon on va dire que c'est les séquelles de l'anesthésie mais ce qu'il ya de bien avec toi, c'est que tu réussis toujours à nous mettre sur les fesses. mais soyons réalistes, c'est plus probablement le phénomène identificatoire, qui fait, que j'aime tant cette note.

Ecrit par : Malices | 27.10.2006

Pars de ce pas en quête d'un grand dadais américain qui donne tout sans rien demander parce qu'Elton, je doute que ça le fasse:::)))))))))))

Ecrit par : Malices | 27.10.2006

Bon, répètes pas à ton neviou mais viens de lancer la mule : michel berger. Y'aurais pas la fiac me sentirais bien partie pour un grand jour de chouine.... "ecoute...."

Ecrit par : Malices | 27.10.2006

Toujours très intéressant de te lire
Pierre

Ecrit par : Pierre | 27.10.2006

merci barbarian, je dirai un peu comme un des commentaires précédent , j'ai tellement ressenti ça, avant de découvrir autre chose sur le tard.
par exemple, un homme qui me parle , à moi, et m'arrache un peu à ma "solitude défense",
je crois aussi qu'il y a un problème social et d'éducation dans tout ça, alors qu'on soit homme ou femme, nos réactions sont souvent à l'encontre de l'autre, c'est pas facile de se rejoindre, il faut trouver les bonnes personnes , avoir l'esprit ouvert sur ce qu'est notre société et sur ce que l'on fait de nous.
Malgré tout c'est in dividuellement ,c'est personnellement , qu'on déterrera la hache , qui nous libèrera...

Ecrit par : azazel | 27.10.2006

Ah la solitude en couple...
Et cette certitude qu'il faut se barrer, que ca n'est pas possible de continuer comme ca, le sentiment de subir la situation, et subir l'autre ... mais rester... Et après coup je me demande, mais pourquoi, pourquoi je n'ai pas su partir plus tôt ???

Ecrit par : second-souffle | 27.10.2006

t'as vraiment une belle voix, bitch!

Ecrit par : bluevalentine | 27.10.2006

chais pas quoi dire alors je m'abstiendrai, donc.

Ecrit par : pamela sue | 28.10.2006

(les trucs qui te parlent un poil trop, toussa, tu vouâs)

Ecrit par : pamela sue | 28.10.2006

tu disait deja de belles choses alors adolescente ...
m'etonnes pas
bises

Ecrit par : Blacky | 29.10.2006

Si vous continuez je vous mets en bande son un truc de Starmania qui dit on vit les uns avec les autres mais au bout du compte gnagnagnagna.
Vouala.
Je vous aurais prévenu.

Ecrit par : Barbarian | 30.10.2006

les uns contre les autres, oui...
mais quand-même ce silence à ouvrir à coup de couteau d'huite acéré afuté... c'est encore autre chose...
c'est l'image qui me reste... avec celle des iles égrénées comme des chapelets amers... mais toute ta note est belle.

Ecrit par : julip | 30.10.2006

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